Ton Alimentation Semi-Marathon : Guide Complet
Sommaire
Quand on cherche des conseils de nutrition pour un semi-marathon, on tombe souvent sur des protocoles chargés : carbo-loading sur cinq jours, gels toutes les trente minutes, stratégies millimétrées. Ce niveau de préparation est pertinent pour un marathon. Pour 21 km, la question mérite d’être posée différemment.
L’alimentation d’un semi-marathon n’est pas une version raccourcie du marathon. Les règles changent selon ton temps cible, et pour certains profils la vraie question n’est pas « quels gels prendre ? » mais « en ai-je vraiment besoin, et à partir de quel kilomètre ? ». C’est ce qu’on démêle dans ce guide : protocole avant la course, pendant la course, et après – calibré selon ce que tu vas réellement vivre le jour J.
📍 Scène type – Semi de Nantes, mars dernier
Une coureuse de 34 ans, objectif 2h05. Elle a planifié 5 gels sur la course, suivi un carbo-loading sur 3 jours, calé le réveil à 5h du matin pour un départ à 9h. Au km 15, l’estomac lâche : crampes intestinales, nausées, plus moyen d’avaler quoi que ce soit. Elle finit en 2h18.
Son problème n’était pas un manque de préparation. C’était un excès – une préparation conçue pour une distance deux fois plus longue. Cinq gels en 2h de course, ça représente 125 g de glucides. Son intestin, non entraîné à ce volume à haute intensité, n’a pas suivi.
⚡ L’essentiel à retenir
La stratégie d’alimentation semi-marathon dépend directement de ton temps cible :
- Sub-1h15 : pas de gel nécessaire. L’hydratation aux ravitaillements suffit.
- 1h15-1h45 : 1 gel entre le km 10 et le km 15.
- 1h45-2h15 : 1 à 2 gels, placement précis km 8 puis km 14-17.
- 2h15+ : 2 à 3 gels + boisson isotonique, vigilance hyponatrémie.
Le carbo-loading complet (plusieurs jours, 8-10 g/kg/jour) n’est utile qu’au-delà de 2h de course. En deçà, une légère hausse glucidique sur J-2 / J-1 suffit.
Pourquoi la nutrition d’un semi n’est pas une version mini du marathon
Sur les grands semi-marathons français – Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes -, l’amplitude des temps de course est très large : les profils les plus rapides bouclent la distance en moins de 1h10, les finisseurs les plus à l’arrière dépassent parfois 3h. Plus de 90 % des finisseurs français se situent entre 1h15 et 2h45. Cette amplitude, c’est précisément ce qui rend la nutrition du semi différente du marathon : selon ton temps cible, tes enjeux énergétiques ne sont pas les mêmes.
Un effort de 1h20 et un effort de 2h30 sollicitent les réserves de glycogène de façon très différente. Le glycogène – la forme sous laquelle l’organisme stocke les glucides dans les muscles et le foie – représente environ 500 g disponibles, soit approximativement 2 000 kcal. Pour un profil sub-1h30, cette réserve est largement suffisante pour finir la course si la préparation nutritionnelle est correcte. Pour un profil 2h15 ou 2h30, le calcul change : les réserves s’épuisent progressivement et l’apport exogène devient un levier de performance réel.
Le seuil 60-75 min : l’unique vrai pivot scientifique
La littérature apporte une réponse précise à la question « à partir de quand les gels deviennent-ils utiles ? ». À partir d’environ 60 à 75 minutes d’effort continu, des apports exogènes en glucides améliorent la performance – même si les réserves de glycogène musculaire ne sont pas encore épuisées (Jeukendrup, 2010, Current Opinion in Clinical Nutrition and Metabolic Care). Ce bénéfice ne passe pas uniquement par l’énergie fournie : il mobilise aussi des mécanismes nerveux centraux liés à la perception de l’effort. En dessous de 60 minutes, aucun bénéfice mesurable n’a été observé.
Ce seuil est souvent simplifié dans la culture running française en « règle des 1h45 » : l’idée qu’aucun gel n’est utile avant 1h45 de course. Ce repère a une certaine cohérence sur le plan du calcul théorique des stocks de glycogène, mais il revient à ne pas tirer parti d’un apport documenté comme bénéfique pendant 30 à 45 minutes de course. En pratique, dès que tu dépasses 1h15, un gel bien placé soutient ta performance sur le dernier tiers – pas pour éviter une hypoglycémie, mais pour aller chercher quelques secondes par kilomètre quand la fatigue s’installe.
L’erreur n°1 du semi-marathonien : sur-préparer
Le piège le plus fréquent du semi-marathonien amateur, ce n’est pas le sous-ravitaillement. C’est l’inverse. Le coureur lit deux articles génériques, voit des protocoles marathon (5 gels, carbo-loading sur 5 jours, hydratation millimétrée) et applique l’ensemble par précaution. Résultat : un intestin saturé à haute intensité, des troubles digestifs en pleine course, des minutes perdues. On observe ce scénario à chaque édition des grands semis français.
L’approche Fueldeck : on commence par moins que ce qu’on croit nécessaire, on teste à l’entraînement, on ajuste à la hausse seulement si le ressenti l’exige. La nutrition d’un semi se calibre, elle ne s’empile pas.
Ton plan selon ton temps cible – 5 profils
Le tableau ci-dessous est construit à partir de la distribution estimée des temps aux grands semi-marathons français. Identifie ta plage, applique la ligne. Les apports sont des cibles, pas des minima absolus : si ton ressenti diverge à l’entraînement, ajuste.
| Profil | Temps cible | % finisseurs FR* | Gels (25 g) | Glucides/h | Boisson | Caféine |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Élite | Sub-1h15 | ~3 % | 0 | 0 g | Eau aux ravitos | Non recommandée |
| Confirmé | 1h15-1h45 | ~17 % | 1 | 20-30 g | Eau + 1 isotonique | Si habitude établie |
| Expérimenté | 1h45-2h15 | ~35 % | 1 à 2 | 30-50 g | Isotonique aux ravitos | À tester à l’entraînement |
| Régulier | 2h15-2h30 | ~25 % | 2 | 40-60 g | Isotonique 400 ml/h | Optionnelle, testée |
| Finisher | 2h30+ | ~20 % | 2 à 3 | 40-60 g | Isotonique 400-500 ml/h | Non recommandée |
* Estimations basées sur la distribution des temps aux grands semi-marathons français – pourcentages cumulatifs approximatifs.
Le cas sub-1h15 : hydratation seule
En dessous de 60-75 minutes d’effort, les apports exogènes en glucides n’apportent pas de bénéfice mesurable sur la performance (Jeukendrup, 2010). Deux à trois gorgées d’eau aux ravitaillements officiels suffisent. Prendre un gel dans cette plage génère plus de risque digestif à haute intensité qu’il n’apporte de bénéfice énergétique. La priorité, ici, c’est le petit-déjeuner pré-course et l’hydratation maîtrisée – pas le ravitaillement.
Le cas 1h15-1h45 : un gel bien placé
À partir de 60-75 minutes d’effort, le bénéfice glucidique exogène est documenté. Pour cette plage, un seul gel (20 à 25 g de glucides) entre le km 10 et le km 15 est recommandé. Pris idéalement avec une gorgée d’eau ou d’isotonique. Évite de l’avaler à sec. L’objectif n’est pas d’éviter une hypoglycémie – ton glycogène tient encore – c’est de soutenir la performance sur le dernier quart de course, là où la fatigue centrale commence à peser sur la foulée.
Le cas 1h45-2h15 : la zone discriminante
C’est la plage où vit la majorité des semi-marathoniens amateurs français, et c’est aussi la zone la moins bien traitée par les contenus génériques. Deux gels sur la course, placement précis : le premier entre le km 8 et le km 10, le second entre le km 14 et le km 17. Boisson isotonique aux ravitaillements officiels – pas seulement de l’eau.
Pourquoi ce placement précis ? Le premier gel arrive à un moment où l’effort dure depuis environ 45-50 minutes : tu rentres dans la fenêtre où l’apport devient utile (Jeukendrup, 2010). Le second sert à tenir le dernier tiers – celui où le pace décroche typiquement chez les coureurs sous-ravitaillés.
Le cas 2h15+ : on bascule vers une logique marathon-light
Au-delà de 2h15, le glycogène devient un facteur limitant réel, et le protocole se rapproche de celui d’un marathon en plus court. Deux à trois gels, placement régulier (km 8, km 14, km 18-19), boisson isotonique aux ravitaillements. La caféine peut être envisagée sur le dernier tiers pour les profils habituellement consommateurs – mais sa variabilité individuelle est forte et ses effets digestifs à l’effort sont réels (crampes, nausées, diarrhées). Jamais introduite pour la première fois en course.
💡 Conseil Fueldeck
L’erreur la plus fréquente au semi-marathon, c’est de sur-préparer la nutrition par précaution. Trop de gels ingérés trop vite génère des troubles digestifs qui coûtent plus de temps que ce qu’ils auraient pu faire gagner. Commence par moins que ce que tu crois nécessaire, teste tout à l’entraînement, et ajuste à la hausse si besoin.
La préparation nutritionnelle : J-7 à J-2
La préparation nutritionnelle d’un semi-marathon est plus courte et moins contraignante que pour un effort de 42 km. Le carbo-loading intensif – la surcharge glucidique sur plusieurs jours précédant la course, dont l’objectif est de saturer les réserves de glycogène avant le départ – n’est pas nécessaire pour tous les profils.
Carbo-loading : nécessaire ou optionnel selon ton profil
Le bénéfice du carbo-loading est validé scientifiquement pour les efforts dépassant 90 minutes (Burke et al., 2011, Journal of Sports Sciences). La méthode moderne, validée dans la même publication, abandonne l’ancienne phase de déplétion glycogénique – cette période où on s’imposait volontairement un régime très pauvre en glucides avant de recharger. Aujourd’hui, on passe directement à la surcharge sur 3 à 5 jours.
Pour un semi-marathon, l’utilité dépend du temps cible :
- Sub-1h45 : pas de carbo-loading nécessaire. Une alimentation normale avec une légère hausse glucidique sur J-2 et J-1 suffit. Forcer des glucides supplémentaires sans en avoir besoin peut provoquer des lourdeurs digestives au départ.
- 1h45-2h15 : légère hausse sur J-2 et J-1, viser 7-8 g de glucides par kilo de poids corporel par jour. Le protocole complet de plusieurs jours n’est pas nécessaire.
- 2h15+ : carbo-loading sur 2-3 jours, 7-9 g/kg/jour, selon la même logique que pour un marathon en plus court.
J-7 à J-3 : alimentation normale
Pas de modification particulière. C’est la fenêtre de l’entraînement léger et de la récupération active. Vise une répartition macros équilibrée : autour de 55-60 % de glucides, 20-25 % de lipides, 15-20 % de protéines. Aliments prioritaires : féculents complets, fruits, légumes, protéines maigres, bonnes graisses. À réduire sans supprimer : l’alcool et les produits ultra-transformés.
J-2 et J-1 : affûtage digestif
À J-2 : commence à réduire les fibres. Légumes cuits plutôt que crus, exit les légumineuses, les choux, les salades crues. Hydratation renforcée de 300 à 500 ml supplémentaires par rapport à ta consommation habituelle, avec une pincée de sel dans un des verres pour favoriser la rétention.
À J-1 : dîner simple et connu. Riz blanc ou pâtes blanches, protéine maigre (poulet, poisson blanc), légumes cuits en petite quantité, peu de matière grasse. Pas d’alcool. Coucher tôt, même si l’excitation rend le sommeil difficile.
Menu type J-1 : pâtes blanches + escalope de poulet + courgettes cuites à la vapeur + un filet d’huile d’olive. Yaourt nature ou compote en dessert.
Le gut training pour le semi : version allégée
Le gut training – l’entraînement progressif de l’intestin à absorber des glucides à l’effort – est moins critique sur un semi-marathon que sur des distances plus longues, mais il reste utile dès que tu prévois des gels. Un intestin non habitué à recevoir des glucides liquides à intensité de course répond souvent par des crampes ou des nausées. Entre 30 et 50 % des coureurs d’endurance rapportent des troubles digestifs en compétition (Costa et al., 2017, Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism). La cause principale : un intestin qui n’a pas été préparé à absorber des glucides à haute intensité d’effort.
Concrètement : lors de tes 2-3 dernières sorties longues avant la course, ingère 1 à 2 gels dans les mêmes conditions que prévu le jour J. Même marque, même goût, même timing, même boisson en accompagnement.
Le jour J : du réveil au départ
Le jour J, ton petit-déjeuner se prend 3 heures avant le coup de feu. Objectif : 1 à 1,5 g de glucides par kilo de poids corporel, composition digeste et déjà testée à l’entraînement. Pour un coureur de 65 kg, ça correspond à 65 à 100 g de glucides.
Le petit-déjeuner avant semi-marathon
| Option | Composition | Glucides (~65 kg) | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Classique | Flocons d’avoine + banane + miel + café | 70-85 g | La majorité des profils |
| Végétal | Riz au lait végétal + sirop d’agave + fruits secs | 75-90 g | Intolérants lactose, végans |
| Léger | 2 tranches de pain blanc + confiture + jus de fruit | 60-75 g | Profils rapides qui mangent peu le matin |
À éviter systématiquement ce matin-là : les graisses (œufs entiers en grande quantité, viennoiseries), les fibres (fruits crus à peau épaisse, céréales complètes), les laitages riches, et toute nouveauté.
Cas du départ matinal
La majorité des semis français partent entre 9h et 10h30. Pour un départ à 9h, réveil à 5h30-6h, petit-déjeuner à 6h, puis hydratation légère et attente jusqu’au départ. Pour un départ à 10h30, réveil à 7h, petit-déjeuner à 7h30. La règle des 3h tient dans les deux cas.
L’attente jusqu’au départ
Entre le petit-déjeuner et le coup de feu, tu as souvent 2 à 3 heures. Petites gorgées d’eau toutes les 10-15 min, 150 à 200 ml/h maximum. Évite de boire beaucoup dans les 30 minutes précédant le départ – ça génère une sensation de lourdeur à haute intensité. Si tu en ressens le besoin et que tu l’as testé à l’entraînement, un gel à J-45 min (un seul, avec un peu d’eau) peut soutenir le démarrage pour les profils 2h+.
La règle d’or – rien de nouveau à J-1 ni le matin du départ. Pas de restaurant, pas de cuisine « spéciale semi », pas de gel jamais testé. Ce qu’on mange ce soir et demain matin, c’est ce qu’on connaît déjà, en version digeste.
Pendant le semi : protocole par tranche
La décision sur les gels se prend avant la course, sur la base de ton chrono cible – pas dans les derniers kilomètres quand la fatigue brouille le jugement. Voici le protocole détaillé par plage de temps.
Sub-1h15 : hydratation seule
Aux ravitaillements officiels – toutes les 5 km environ – 2-3 gorgées d’eau ou de boisson isotonique suffisent. La durée est trop courte pour qu’un gel apporte un bénéfice documenté, et l’intensité élevée de la course limite par ailleurs la capacité d’absorption digestive.
1h15-1h45 : 1 gel entre km 10 et km 15
Un seul gel (20 à 25 g de glucides), pris idéalement avec une gorgée d’eau ou de boisson isotonique. Évite de l’avaler à sec. Le bénéfice attendu : soutenir la performance sur le dernier quart, là où la fatigue centrale s’installe.
1h45-2h15 : 1 à 2 gels, le placement fait tout
Premier gel entre le km 8 et le km 10. Si un deuxième est prévu, entre le km 14 et le km 17. Boisson isotonique aux ravitaillements officiels – la concentration en glucides de l’isotonique (5 à 7 %, soit 50-70 g/L) complète l’apport des gels et apporte du sodium en parallèle.
💡 Conseil Fueldeck
Sur la zone 1h45-2h15, le placement précis fait plus de différence que la quantité ingérée. Un gel pris au km 14 quand tu commences à sentir la fatigue arrive plus tôt dans la chaîne d’absorption que le même gel pris au km 18 quand tu es déjà entamé. Anticipe – ne ravitaille pas à la sensation.
2h15+ : 2 à 3 gels, protocole renforcé
Placement régulier : km 8, km 14, km 18-19. Boisson isotonique aux ravitaillements officiels (5-6 % glucides, 500-800 mg sodium/L). Pour les profils 2h30+, la vigilance hyponatrémie devient pertinente – on y revient dans la section suivante.
Le ratio glucose:fructose 2:1 – pourquoi il compte
La combinaison glucose + fructose au ratio 2 pour 1 permet une absorption jusqu’à 60 g de glucides par heure sans saturer les transporteurs intestinaux, contre environ 60 g/h plafond avec du glucose seul (Jeukendrup, 2010, Current Opinion in Clinical Nutrition and Metabolic Care). Au-delà de 60 g/h cible, un mélange multi-transporteurs devient indispensable. Sur un semi-marathon, la grande majorité des coureurs reste en deçà de cette barre – mais sur les profils 2h+, vérifier que les gels choisis intègrent bien ce ratio est un repère utile.
Gels disponibles en France
| Marque | Référence | Glucides | Note |
|---|---|---|---|
| Maurten | Gel 100 | 25 g | Hydrogel, consistance liquide, sans eau requise |
| Näak | Ultra Energy Gel | 25 g | BCAA intégrés, gamme variée de saveurs |
| Overstims | Coup de Fouet Liquide | 28 g | Référence FR, large disponibilité |
| SiS | Go Isotonic Gel | 22 g | Isotonique, se prend sans eau |
| TA Energy | Hydro+ Gel | 30 g | Formule glucose + fructose, spécialiste endurance FR |
Alternatives aux gels : pour les coureurs qui tolèrent mal les gels, une compote de fruit (90 g) ou 2-3 pâtes de fruits remplacent un gel entre le km 10 et le km 14. La règle reste la même : testé à l’entraînement, jamais pour la première fois en course.
Hydratation semi-marathon
L’hydratation sur un semi est plus simple à gérer que sur un marathon. Pertes hydriques moindres, durée plus courte, risque d’hyponatrémie nettement plus faible. Mais le sujet ne disparaît pas pour autant – surtout pour les profils 2h30+.
Pré-hydratation J-2 / J-1
Augmente ton apport hydrique de 300 à 500 ml par rapport à ta consommation habituelle, avec une légère pincée de sel dans un de tes verres pour favoriser la rétention. Le matin de la course : 400-500 ml d’eau au réveil, puis petites gorgées jusqu’au départ (150-200 ml/h maximum).
Pendant la course
Aux ravitaillements officiels (tous les 5 km environ) : 150-200 ml de boisson isotonique si disponible, sinon de l’eau. Si tu cours en moins de 1h30, ne force pas à boire si tu n’as pas soif – la durée est trop courte pour risquer une déshydratation significative.
Hyponatrémie sur semi : un risque marginal mais réel
L’hyponatrémie d’exercice – la dilution excessive du sodium sanguin par une consommation trop importante d’eau pure – est un risque documenté principalement sur les efforts longs (marathon, ultra). Sur un semi-marathon, elle est nettement plus rare, mais elle existe pour les coureurs 2h30+ qui boivent abondamment par excès de précaution sans apport en sodium en parallèle (Hew-Butler et al., 2015, Clinical Journal of Sport Medicine).
Les profils les plus exposés : femmes, petits gabarits, courses en climat chaud, coureurs qui adoptent une stratégie « boire le plus possible » par crainte de la déshydratation. Symptômes – nausées, maux de tête, confusion – souvent confondus avec une déshydratation, ce qui aggrave la situation si la réponse est de boire encore plus d’eau pure.
La règle : boire selon la soif, préférer l’isotonique à l’eau pure dès que la course dépasse 1h30, ne jamais adopter une stratégie « le plus possible ».
Récupération : les 48h qui comptent
Un semi-marathon sollicite l’organisme de façon significative, mais la récupération reste plus rapide que pour un effort plus long. Les courbatures musculaires à retardement (DOMS) – apparues 24 à 48h après l’effort – sont généralement moins prononcées qu’après un marathon et disparaissent en 2 à 3 jours pour la plupart des profils. Deux jours d’attention nutritionnelle suffisent.
Les 30 premières minutes : la fenêtre métabolique
Dans les 30 à 45 minutes suivant l’arrivée, la resynthèse du glycogène est 2 à 3 fois plus rapide qu’au repos (Thomas, Erdman & Burke, 2016, Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics – Position commune AND/DC/ACSM). C’est la fenêtre métabolique : une opportunité à saisir avec des glucides et des protéines rapidement assimilables.
L’option la plus simple : 250 ml de lait chocolaté, qui apportent environ 30 g de glucides et 8 g de protéines pour un ratio 3:1 validé par la littérature. Une boisson isotonique avec une barre protéinée fonctionne aussi bien. L’idée est de commencer à reconstituer sans attendre le prochain vrai repas.
Les 24 premières heures
Un repas complet dans les 2h suivant la course – féculents, protéines, légumes cuits – accompagné d’une bonne hydratation tout au long de la journée : c’est la base de la récupération après un semi-marathon. Pas besoin d’un protocole élaboré.
Cible protéines sur la journée : 1,6 à 2 g par kilo de poids corporel, fractionnée sur 3-4 prises (Thomas, Erdman & Burke, 2016). Les aliments naturellement anti-inflammatoires – curcuma, gingembre, baies, cerises (notamment le jus de griottes) – peuvent contribuer à limiter l’intensité des DOMS. Les effets varient selon les individus, donc à intégrer comme contribution possible, pas comme protocole garanti.
Côté hydratation : pèse-toi avant et après la course si possible. Pour chaque kilo perdu, prévois de réhydrater à hauteur de 150 % du déficit sur 4-6h, en alternant eau et boissons sodées pour favoriser la rétention.
De J+1 à J+2 : reprise progressive
Pour la majorité des profils, 2 à 3 jours de repos ou d’activité légère (marche, footing très léger, vélo cool) suffisent avant de reprendre l’entraînement structuré. Les profils 2h30+ peuvent avoir besoin de 4 à 5 jours. Les signaux de fatigue musculaire – courbatures, lourdeur, baisse de motivation à reprendre – sont de meilleurs guides que n’importe quelle règle générale.
✅ Ta check-list alimentation semi-marathon
- ☐ J-7 à J-3 : alimentation normale équilibrée, aucune modification
- ☐ J-2 à J-1 : légère hausse glucidique (carbo-loading complet si profil 2h+), réduction des fibres
- ☐ J-1 soir : riz ou pâtes + protéine maigre, zéro alcool, zéro nouveauté
- ☐ Jour J matin : petit-déjeuner 3h avant, 1-1,5 g/kg de glucides, rien de nouveau
- ☐ Gels prévus : 0 si sub-1h15 / 1 si 1h15-1h45 / 1-2 si 1h45-2h15 / 2-3 si 2h15+
- ☐ Pendant la course : eau ou isotonique aux ravitaillements, petites gorgées régulières
- ☐ Arrivée + 30 min : glucides + protéines (lait chocolaté ou alternative)
- ☐ J+1 : repas complets, hydratation soutenue, 1,6-2 g/kg de protéines
La nutrition d’un semi-marathon est plus accessible qu’on ne le croit – à condition de l’adapter à ce qu’on va réellement vivre sur la distance. En dessous de 1h15, l’hydratation et un bon petit-déjeuner font l’essentiel du travail. Entre 1h15 et 1h45, un gel bien placé entre le km 10 et le km 15 est un appui documenté sur la fin de course. Au-delà de 1h45, les gels et le carbo-loading se justifient pleinement et s’intègrent progressivement selon la durée. Trois règles cardinales à garder en tête : calibrer selon le temps cible, tester à l’entraînement, ne jamais sur-préparer. Et si tu veux passer sur marathon, consulte notre guide complet.
FAQ – Alimentation semi-marathon
Faut-il prendre des gels pour un semi-marathon ?
Que manger la veille d’un semi-marathon ?
Faut-il faire du carbo-loading pour un semi-marathon ?
Combien de glucides par heure pour un semi-marathon ?
Combien de temps pour récupérer d’un semi-marathon ?
📚 Sources scientifiques
- Jeukendrup AE (2010). Carbohydrate and exercise performance: the role of multiple transportable carbohydrates. Current Opinion in Clinical Nutrition and Metabolic Care. doi:10.1097/MCO.0b013e328339de9f
- Burke LM et al. (2011). Carbohydrates for training and competition. Journal of Sports Sciences. doi:10.1080/02640414.2011.585473
- Hew-Butler T et al. (2015). Statement of the Third International Exercise-Associated Hyponatremia Consensus Development Conference. Clinical Journal of Sport Medicine. doi:10.1097/JSM.0000000000000221
- Thomas DT, Erdman KA, Burke LM (2016). Position of the Academy of Nutrition and Dietetics, Dietitians of Canada, and the American College of Sports Medicine. Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics. doi:10.1016/j.jand.2015.12.006
- Costa RJS et al. (2017). Gut-training: the impact of two weeks repetitive gut-challenge during exercise on gastrointestinal status. Applied Physiology, Nutrition, and Metabolism. doi:10.1139/apnm-2016-0453
