Ravitaillement Marathon : la stratégie complète
Sommaire
- Le ravitaillement marathon, c’est quoi exactement ?
- Combien de glucides par heure viser sur un marathon ?
- Gels, boisson, barres ou solide : que choisir et emmener ?
- Le plan de ravitaillement marathon km par km
- Ce qu’il y a vraiment aux ravitaillements officiels
- Ravitaillement semi-marathon : ce qui change
- Les erreurs de ravitaillement à éviter
Tu prépares un marathon. Tes sorties longues sont dans les jambes, ton allure est calée. Reste une question qui décide souvent de la fin de course : ton ravitaillement. Combien de gels emporter, quand les prendre, quoi boire, et ce que tu trouveras vraiment sur les tables officielles.
Mal géré, le ravitaillement marathon, c’est le coup de mou au km 30 ou les troubles digestifs qui plombent la fin. Bien géré, c’est de l’énergie stable jusqu’à la ligne. Dans ce guide, on te donne un plan complet : combien de glucides viser par heure, ce que tu emmènes sur toi, ce que tu prends aux ravitaillements, et comment adapter tout ça à ton chrono. La logique vaut pour le marathon comme pour le ravitaillement semi-marathon, où les besoins sont plus légers – on y revient en détail.
📍 Scène type – Marathon de Strasbourg
Un coureur de 34 ans vise les 3h45 pour son deuxième marathon. Sorties longues solides, allure tenue jusqu’au semi. Mais côté ravitaillement, il a improvisé : deux gels dans la poche, le reste « je prendrai aux tables ». Au km 28, la fringale. Les ravitaillements officiels arrivent quand ils arrivent, pas quand son corps les réclame, et il n’a plus rien sur lui. Il finit en 4h10, à la volonté. Le problème n’était pas l’entraînement : c’était un plan de ravitaillement laissé au hasard, sans repère de fréquence ni réserve personnelle.
⚡ Ta stratégie de ravitaillement marathon en 6 points
- C’est quoi : le ravitaillement marathon, c’est l’ensemble des apports en énergie (glucides) et en liquide (eau, boisson, sodium) que tu prends pendant les 42,195 km – ce que tu emportes sur toi et ce que tu prends sur les tables officielles.
- Combien de glucides : vise 60 à 90 g de glucides par heure sur marathon (cadre Jeukendrup, 2010), soit environ 2 à 3 gels par heure ou l’équivalent en boisson plus gels.
- Combien de gels : pour un marathon de 3h30 à 4h30, compte en général 5 à 8 gels, répartis dès la 30e à 45e minute, un toutes les 30 à 45 minutes.
- Quand commencer : dès 30 à 45 minutes de course, sans attendre d’avoir faim ou un coup de mou – une fois le mur installé, c’est trop tard.
- Quoi boire : de l’eau à chaque ravitaillement et une boisson contenant glucides et sodium sur les efforts longs ; idéalement une gorgée d’eau avec chaque gel.
- À emmener vs sur les ravitos : emporte tes propres gels et idéalement ta boisson (tu maîtrises le timing et la tolérance) ; les ravitaillements officiels servent d’appoint en eau et complément, pas de stratégie principale.
Le ravitaillement marathon, c’est quoi exactement ?
Le ravitaillement marathon désigne tout ce que tu consommes pendant la course pour tenir la distance : les glucides qui rechargent ton énergie, l’eau et le sodium qui maintiennent ton hydratation. Il se joue sur deux fronts : ce que tu emportes toi-même (gels, boisson, barres) et ce que tu prends sur les ravitaillements officiels installés le long du parcours. Une bonne stratégie combine les deux, mais s’appuie d’abord sur ce que tu maîtrises : tes propres réserves.
Posons d’abord le terme. Le ravitaillement, c’est l’ensemble des apports en énergie et en liquide que tu prends pendant la course – tes propres gels et boissons, plus ce que proposent les stands officiels du parcours. C’est la mécanique concrète du ravitaillement course à pied sur longue distance.
Pourquoi est-ce si décisif sur marathon ? Parce que tes réserves internes ne suffisent pas. Le glycogène – la forme sous laquelle ton corps stocke les glucides dans les muscles et le foie – couvre une bonne partie de l’effort, mais pas les 42 km. D’où la nécessité d’un apport extérieur en cours de route.
Quand ces réserves s’épuisent, tu rencontres le mur du marathon – le moment, souvent vers le km 30, où le glycogène vient à manquer et où l’allure s’effondre. Le ravitaillement est ton principal levier pour repousser ce moment. Pour comprendre le mécanisme en détail, va voir notre article pour comprendre le mur du marathon.
Ton ravitaillement se construit donc sur deux fronts. Le ravitaillement personnel : tes gels, ta boisson, ce que tu portes sur toi – tu maîtrises le timing, le dosage et la tolérance. Et le ravitaillement officiel : les stands de l’organisation, variables d’une course à l’autre, placés selon leur logistique et pas selon ton estomac.
On parle ici de stratégie de performance et de confort à l’effort, pas de prescription médicale. L’idée n’est pas de te soigner, mais de t’aider à tenir l’allure. Pour la stratégie nutritionnelle complète, du J-7 à l’arrivée, notre guide sur l’alimentation marathon prend le relais.
💡 Conseil Fueldeck
Ta stratégie repose d’abord sur ce que tu emportes. Les ravitaillements officiels sont un appoint utile – de l’eau, parfois un complément – jamais ton plan principal. Le coureur qui mise tout sur les tables court après son énergie ; celui qui a ses réserves sur lui pilote sa course.
Combien de glucides par heure viser sur un marathon ?
Sur un marathon, vise 60 à 90 g de glucides par heure. C’est la fourchette validée par la recherche pour les efforts de plus de 2h30 (Jeukendrup, 2010, Current Opinion in Clinical Nutrition and Metabolic Care). En pratique, ça représente environ 2 à 3 gels de 25 g par heure, ou un mélange de gels et de boisson énergétique. Plus ton chrono est rapide, plus tu peux te rapprocher du haut de la fourchette ; sur les marathons longs, au-delà de 4h30, reste plutôt vers 60 g/h pour préserver ta digestion.
Pourquoi cette fourchette, et pas plus ? Parce qu’un seul type de sucre plafonne. Un glucide unique, comme le glucose seul, sature les transporteurs de ton intestin autour de 60 g/h – au-delà, ton corps n’absorbe pas davantage (Jeukendrup, 2010). Pour dépasser ce seuil, il faut un produit multi-transporteurs.
Un produit multi-transporteurs combine glucose et fructose, deux sucres qui empruntent des voies d’absorption différentes dans l’intestin, ce qui permet d’assimiler plus de glucides par heure qu’avec un seul sucre. Le ratio validé est de 2 parts de glucose pour 1 part de fructose ; il améliore aussi la vidange gastrique – la vitesse à laquelle ton estomac se vide vers l’intestin – et la livraison des fluides (Jeukendrup et Moseley, 2010, Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports). C’est ce qui permet de viser jusqu’à 90 g/h.
En clair : si tu prévois plus de 60 g de glucides par heure, choisis des gels et une boisson multi-transporteurs. Un produit à base de glucose seul ne te servira à rien au-delà de ce plafond. Pour le détail du choix produit, on y revient juste après.
Concrètement, un gel apporte en général environ 25 g de glucides. Viser 60 à 90 g/h, c’est donc 2 à 3 gels par heure, ou 2 gels plus une boisson qui complète l’apport.
| Profil chrono marathon | Glucides/h cible | Équivalent gels (~25 g) | Stratégie type |
|---|---|---|---|
| Sub-3h | 80-90 g/h | 3 gels/h + boisson | Gels multi-transporteurs + boisson énergétique |
| 3h-3h45 | 70-80 g/h | 2-3 gels/h + boisson | Gels + boisson, fréquence 25-30 min |
| 3h45-4h30 | 60-70 g/h | 2 gels/h + boisson | Gels toutes les 30-40 min + boisson |
| 4h30+ | ~60 g/h | 2 gels/h ou gels + solide | Privilégier le confort digestif, varier les textures |
La fourchette 60-90 g/h est issue de Jeukendrup (2010). La répartition par profil de chrono est une adaptation pratique de ce cadre, pas un chiffre extrait d’une étude par plage de temps – à ajuster à ta tolérance.
Un point à ne jamais oublier : la tolérance digestive est individuelle. Ces valeurs sont des cibles, pas des certitudes. Ton estomac s’éduque à encaisser des glucides en courant – c’est ce qu’on appelle l’entraînement de l’intestin. Pour t’y prendre, on détaille comment entraîner ton intestin pour la course dans un article dédié.
Gels, boisson, barres ou solide : que choisir et emmener ?
Les quatre familles de ravitaillement n’ont pas le même rôle. Les gels énergétiques sont compacts et rapides à assimiler – la base du ravitaillement marathon. La boisson énergétique apporte glucides et sodium tout en t’hydratant. Les barres et le solide (pâtes de fruits, compotes) varient les textures et tiennent mieux au ventre sur les marathons longs. Le bon choix dépend de ton chrono, de ta tolérance digestive et de ce que tu arrives à avaler en courant.
Commençons par le terme central. Un gel énergétique, c’est une dose concentrée de glucides, facile à transporter et à avaler en courant, à prendre avec une gorgée d’eau. C’est l’outil le plus utilisé sur marathon parce qu’il est compact et que son dosage est clair – un gel, environ 25 g de glucides.
Chaque famille a ses atouts et ses limites.
| Famille | Rôle principal | Atouts | À surveiller |
|---|---|---|---|
| Gel énergétique | Glucides rapides, compact | Facile à transporter, dosage clair | À prendre avec une gorgée d’eau |
| Boisson énergétique | Glucides + sodium + hydratation | Combine énergie et eau | Dosage à tester, encombrement (flasque) |
| Barre énergétique | Énergie + satiété | Tient au ventre, agréable à mâcher | Plus longue à digérer, besoin d’eau |
| Solide (pâte de fruits, compote) | Variété, confort digestif | Bonne tolérance, naturel | Apport glucidique plus dilué |
Dans les faits, la plupart des stratégies combinent gels et boisson, avec du solide en appoint sur les profils plus lents. Inutile d’opposer « gel contre solide » : ce sont des outils complémentaires. Le gel donne le glucide rapide, la boisson énergétique hydrate et apporte du sodium en même temps, le solide casse la monotonie et passe parfois mieux quand l’estomac sature de sucré.
Si tu utilises un gel caféiné, applique la règle de prudence. La caféine peut aider, mais ses effets sont très variables d’un individu à l’autre, et elle augmente le risque de troubles digestifs à l’effort – en particulier chez ceux qui n’en consomment pas régulièrement. À tester impérativement à l’entraînement, jamais à découvrir le jour J.
Côté transport, tu as plusieurs options : les poches du short ou du dossard, une ceinture porte-bidons – une ceinture équipée de petits bidons ou de porte-gels – ou une flasque souple, une gourde compressible qui se loge dans une poche avant. Pour le choix du contenant et la stratégie d’hydratation complète, vois notre guide complet sur l’hydratation marathon.
La règle d’or : teste tout à l’entraînement. Aucun produit nouveau le jour J. Un gel jamais essayé peut très bien passer, ou te coller des crampes intestinales au km 25. Pour réduire ce risque, on explique comment entraîner ton intestin pour la course.
Côté produits du commerce, on cite ici quelques marques courantes en France, par ordre alphabétique et sans hiérarchie : Decathlon (gamme Aptonia), Maurten, Näak, Overstim’s et SiS (Science in Sport). Chacune a sa logique – certaines misent sur l’hydrogel, d’autres sur des formats isotoniques à prendre sans eau, d’autres encore sur des barres et du solide pour le trail comme la route. Le solide maison (pâte de fruits, compote) joue à parité : il rend les mêmes services, en moins concentré. Pour le choix précis du gel selon tes critères (glucides par portion, multi-transporteurs ou non, caféine, texture, besoin d’eau associé), consulte notre comparatif des gels course à pied.
Le plan de ravitaillement marathon km par km
Un bon plan de ravitaillement marathon commence tôt et reste régulier. Prends ton premier gel vers la 30e à 45e minute, puis un toutes les 30 à 45 minutes jusqu’à la fin, avec une gorgée d’eau à chaque fois. Bois régulièrement, à chaque ravitaillement officiel, sans attendre la soif. L’objectif : ne jamais laisser ton énergie chuter, plutôt que d’essayer de la remonter une fois le coup de mou installé.
Le principe directeur tient en une phrase : ravitaille-toi avant d’en avoir besoin. La régularité l’emporte toujours sur le rattrapage. Quand tu attends d’avoir faim ou de sentir un creux, tes réserves sont déjà entamées – et on ne les remonte pas en pleine course. Ce repère de fréquence, « un gel toutes les 30 à 45 minutes dès la première demi-heure », n’est pas une règle d’étude : c’est un repère pratique simple et largement éprouvé sur le terrain.
Le plan type par tranche kilométrique
Voici une trame que tu peux copier, puis ajuster à ton chrono grâce au tableau de la partie précédente.
- Km 0-5 / 0-30 min : eau seulement, pas encore de gel. Trouve ton rythme, laisse ton estomac se mettre en route.
- Km 5-10 / 30-45 min : premier gel avec une gorgée d’eau. Démarre la boisson énergétique si tu en as.
- Km 10-30 : un gel toutes les 30 à 45 minutes, boisson régulière, eau à chaque ravitaillement officiel. C’est la phase de croisière – tiens le rythme sans le subir.
- Km 30-40 : maintiens la fréquence. C’est la zone du mur, surtout ne relâche pas l’apport. Un gel caféiné est possible ici si tu y es habitué (règle de variabilité individuelle et de risque digestif – voir plus haut).
- Km 40-arrivée : un dernier gel si tu sens le besoin d’un boost. Surtout, finis hydraté.
Côté hydratation, vise une fréquence régulière plutôt qu’un gros volume. Ne cherche pas à « boire le plus possible » : trop d’eau pure sans sodium expose à l’hyponatrémie – une baisse du sodium sanguin liée à une consommation excessive d’eau (Hew-Butler et al., 2015, Clinical Journal of Sport Medicine). Le bon réflexe : une gorgée d’eau avec chaque gel, et une boisson contenant du sodium sur l’effort long. On détaille tout cela dans notre guide sur l’hydratation marathon.
Dernier point : adapte ce plan à ton chrono. Le coureur en 3h et celui en 5h ne prennent pas le même nombre de gels – reporte-toi au tableau par profil plus haut.
💡 Conseil Fueldeck
Programme une alerte sur ta montre toutes les 30 minutes. En fin de course, la fatigue brouille les repères et on oublie de se ravitailler. Une alerte simple te sauve de l’oubli, sans que tu aies à y penser.
Ce qu’il y a vraiment aux ravitaillements officiels (et comment t’en servir)
Sur un marathon, les ravitaillements officiels proposent en général de l’eau à chaque poste, et selon les courses, une boisson sucrée, des fruits (oranges, bananes), des fruits secs, du sucre ou des biscuits. Ils sont espacés tous les 5 km environ et placés là où l’organisation le décide – pas forcément quand ton corps réclame. Utilise-les pour t’hydrater et compléter, mais ne fonde jamais ta stratégie énergétique uniquement sur eux.
Ce que tu trouves, en général, sur un ravito de marathon en France :
- De l’eau : à chaque poste, c’est la constante. C’est l’apport sur lequel tu peux compter.
- Une boisson sucrée ou de l’effort : fréquente, mais sa composition et son goût varient d’une course à l’autre.
- Des fruits : oranges et bananes le plus souvent, parfois en quartiers.
- Des fruits secs, du sucre, des biscuits : selon les organisations, en appoint glucidique.
- Parfois des gels : sur certaines courses seulement, jamais une garantie.
Le contenu et l’espacement varient selon les courses – ne prends rien de tout cela pour acquis.
Voilà l’angle mort que beaucoup négligent : les ravitos sont placés selon la logistique de l’organisation, pas selon ton timing nutritionnel. Si ton corps réclame un apport au km 27 et que la table suivante est au km 30, tu attends. C’est exactement pour ça que tes réserves personnelles priment : elles, tu les prends quand tu veux.
Comment t’en servir intelligemment. Bois de l’eau à chaque poste, c’est l’usage le plus fiable. Complète avec ce qui passe bien chez toi, si tu connais déjà l’aliment. Et pour boire proprement, ralentis deux à trois secondes au lieu de boire en courant à côté du gobelet : tu avales vraiment au lieu de t’en mettre partout. Pince le haut du gobelet pour en faire un bec, ça limite les éclaboussures.
Une précaution simple : ne teste jamais un aliment inconnu d’un ravito le jour J. Une orange ou un biscuit que tu n’as jamais avalé en courant peut très bien mal passer. Si tu ne l’as pas testé à l’entraînement, laisse-le.
💡 Conseil Fueldeck
Vérifie le plan des ravitaillements de ta course en amont. Le nombre de postes, leur espacement et leur contenu figurent souvent sur le site de l’organisation. Tu sauras où sont les points d’eau et ce qu’ils proposent – et tu cales tes réserves perso sur les zones où ton corps risque de réclamer entre deux tables.
Ravitaillement semi-marathon : ce qui change
Sur un semi-marathon, les besoins de ravitaillement sont nettement plus faibles que sur marathon. En dessous d’1h30, tes réserves de glycogène couvrent l’essentiel de l’effort : 1 à 2 gels suffisent souvent, avec de l’eau. Au-delà d’1h30 à 2h, rapproche-toi de la logique marathon avec 30 à 60 g de glucides par heure. La règle ne change pas : ravitaille-toi tôt et régulièrement plutôt que de courir après l’énergie.
Pourquoi les besoins sont-ils moindres ? Parce que la durée est plus courte et que tes réserves de glycogène sont moins sollicitées. Sur une distance bouclée en moins d’1h30, ton corps puise surtout dans ses stocks internes, qui tiennent l’essentiel du chemin. L’apport extérieur devient un complément, pas un pilier.
| Durée cible semi | Gels | Boisson |
|---|---|---|
| Sub-1h30 | 1 gel ou rien d’autre que l’eau | Eau, souvent suffisante |
| 1h30-2h | 1-2 gels | Boisson énergétique utile |
| 2h+ | Logique marathon allégée (2 gels +) | Boisson énergétique + eau |
Côté matériel, un semi demande souvent moins que le marathon. Une flasque souple suffit dans bien des cas, parfois rien d’autre que les gobelets des ravitos. Pas besoin de t’équiper lourd pour 21 km.
Pour la stratégie nutritionnelle complète sur cette distance – avant, pendant et après – on détaille tout dans notre guide pour l’alimentation semi-marathon.
Les erreurs de ravitaillement à éviter
La plupart des galères de ravitaillement viennent de quelques erreurs classiques : commencer trop tard, tester un produit inconnu le jour J, tout miser sur les ravitos officiels, ou négliger l’eau qui accompagne chaque gel. Aucune ne tient à ton niveau – toutes se corrigent avec un plan et des tests à l’entraînement.
- Commencer trop tard. Attendre la faim ou le coup de mou, c’est déjà trop tard. Prends ton premier gel dès la 30e à 45e minute.
- Découvrir un produit le jour J. Un gel jamais testé peut mal passer. Essaie tout en sortie longue d’abord – voir comment entraîner ton intestin pour la course.
- Tout miser sur les ravitaillements officiels. Ils ne tombent pas quand ton corps réclame. Emporte tes propres réserves et sers-toi des tables en appoint.
- Oublier l’eau avec les gels. Un gel pris à sec s’assimile plus lentement et passe moins bien. Accompagne-le idéalement d’une gorgée d’eau.
- Boire « le plus possible » par précaution. Trop d’eau pure expose à l’hyponatrémie (Hew-Butler et al., 2015). Bois à la soif, régulièrement, avec du sodium – voir notre guide sur l’hydratation marathon.
- Surdoser les glucides au-delà de sa tolérance. Au-delà de ce que ton estomac encaisse, c’est la porte ouverte aux troubles digestifs. Reste dans ta fourchette testée.
- Ne pas adapter à son chrono. Le plan d’un coureur en 3h ne convient pas à un coureur en 5h. Cale ton nombre de gels sur le tableau par profil.
✅ Ta check-list ravitaillement marathon
- ☐ Cible glucides/h : calcule-la selon ton chrono (60 à 90 g/h)
- ☐ Nombre de gels : prévois le compte correspondant + 1 de secours
- ☐ Premier apport : dès la 30e à 45e minute, jamais plus tard
- ☐ Fréquence : un gel toutes les 30 à 45 minutes, avec une gorgée d’eau
- ☐ Boisson : une boisson énergétique (glucides + sodium) sur l’effort long
- ☐ Hydratation : eau à chaque ravitaillement officiel, sans boire à l’excès
- ☐ Test : teste tout ton plan en sortie longue, dans les conditions de course
- ☐ Jour J : aucun produit nouveau
- ☐ Plan de course : vérifie les ravitos officiels en amont
- ☐ Alerte montre : programme un rappel toutes les 30 min
Conclusion
Le ravitaillement marathon ne s’improvise pas le jour J. Avec un plan simple – 60 à 90 g de glucides par heure, un gel toutes les 30 à 45 minutes dès la première demi-heure, de l’eau à chaque ravito – tu transformes la fin de course. Emporte ce que tu maîtrises, sers-toi des ravitaillements officiels en appoint, et teste tout à l’entraînement avant de le jouer sur 42 km.
Sur semi-marathon, allège : tes réserves couvrent une bonne partie de l’effort. Pour construire ta stratégie d’hydratation complète et choisir ton matériel, on détaille tout dans notre guide complet sur l’hydratation marathon. Et pour choisir précisément tes gels, va voir notre comparatif des gels course à pied.
FAQ – Ravitaillement marathon
Combien de gels prendre pour un marathon ?
Pour un marathon, compte en général 5 à 8 gels selon ton chrono, soit environ 2 à 3 gels par heure. L’objectif est d’apporter 60 à 90 g de glucides par heure (un gel apporte environ 25 g). Prends ton premier gel vers la 30e à 45e minute, puis un toutes les 30 à 45 minutes, toujours avec une gorgée d’eau. Plus ton marathon est long, plus tu peux varier avec de la boisson et du solide pour ménager ta digestion.
Que manger pendant un marathon ?
Pendant un marathon, l’essentiel de ton ravitaillement repose sur les glucides : gels énergétiques, boisson énergétique, et selon ta tolérance, barres ou solide léger (pâte de fruits, compote). Vise 60 à 90 g de glucides par heure et accompagne chaque gel d’eau. Les ravitaillements officiels proposent souvent de l’eau, des fruits et du sucre en complément. Évite tout aliment que tu n’as pas testé à l’entraînement.
Quand commencer à se ravitailler pendant un marathon ?
Commence à te ravitailler tôt : prends ton premier gel vers la 30e à 45e minute de course, même si tu te sens bien. Attendre d’avoir faim ou un coup de mou, c’est déjà trop tard – une fois les réserves entamées, on ne les remonte pas en course. Bois de l’eau dès le premier ravitaillement et installe un rythme régulier : un apport toutes les 30 à 45 minutes jusqu’à l’arrivée.
Combien de glucides par heure sur un marathon ?
Sur un marathon, vise 60 à 90 g de glucides par heure (Jeukendrup, 2010). Pour dépasser 60 g/h, il faut une boisson ou des gels multi-transporteurs combinant glucose et fructose, qui s’absorbent par des voies différentes. Les coureurs rapides peuvent viser le haut de la fourchette ; au-delà de 4h30 de course, reste plutôt vers 60 g/h pour préserver ta digestion. Teste toujours ces quantités à l’entraînement.
Comment gérer son ravitaillement sur un semi-marathon ?
Sur un semi-marathon, les besoins sont plus faibles que sur marathon. En dessous d’1h30, tes réserves de glycogène couvrent l’essentiel : 1 à 2 gels et de l’eau suffisent souvent. Entre 1h30 et 2h, prévois 1 à 2 gels plus une boisson énergétique, avec 30 à 60 g de glucides par heure. Au-delà de 2h, rapproche-toi de la logique marathon. La règle reste la même : ravitaille-toi tôt et régulièrement.
📚 Sources scientifiques
- Jeukendrup AE (2010). Carbohydrate and exercise performance: the role of multiple transportable carbohydrates. Current Opinion in Clinical Nutrition and Metabolic Care, 13(4), 452-457. doi:10.1097/MCO.0b013e328339de9f
- Jeukendrup AE, Moseley L (2010). Multiple transportable carbohydrates enhance gastric emptying and fluid delivery. Scandinavian Journal of Medicine & Science in Sports, 20(1), 112-121. doi:10.1111/j.1600-0838.2008.00917.x
- Hew-Butler T, Rosner MH, Fowkes-Godek S, et al. (2015). Statement of the Third International Exercise-Associated Hyponatremia Consensus Development Conference. Clinical Journal of Sport Medicine, 25(4), 303-320. doi:10.1097/JSM.0000000000000221
